Les principes de traitements
Le lupus est une maladie le plus souvent chronique, c'est-à-dire que le plus souvent on ne peut pas la guérir complètement, mais, avec les traitements actuels, il est possible d'obtenir de longues périodes où la maladie n'est plus apparente sous traitement : on parle alors de « rémission ».
Pour être les plus efficaces, les traitements vont combiner différents types de médicaments, en s'adaptant à l'évolution de la maladie tout au long de la vie du patient. Ils doivent donc jouer un rôle à différent temps de la maladie.
Le premier temps est à court terme, où il est nécessaire de lutter contre l'activité de la maladie tout en préservant les organes vitaux des poussées graves. Les solutions sont de lutter contre l'inflammation, et diminuer l'activation du système immunitaire.
Le deuxième est à moyen terme où les traitements doivent toujours prévenir la réactivation de la maladie, la « poussées », mais également les atteintes d'autres organes, et empêcher l'apparition de caillots dans le sang.
Enfin, le dernier temps est à long terme, où il faut limiter les séquelles du lupus et les effets secondaires et délétères des traitements que l'on est obligé d'utiliser dans les phases très actives de la maladie.
Les traitements remplissant la fonction de modifier l'évolution de la maladie sont appelés traitements de fond et sont classés en 4 catégories :
1 - La cortisone est, à la fois un médicament permettant de lutter contre l'inflammation au cours d'une poussée, et un traitement qui permet de modifier l'activité de certaines cellules de l'immunité. Il s'agit donc d'un traitement de fond, et fait partie des médicaments de la prise en charge sur le long terme.
2 - Les immunomodulateurs et immunosuppresseurs « classiques » sont tout d'abord les antipaludéens (ou antimalariques) de synthèse, l'hydroxychloroquine (Plaquénil®). Ce médicament très important pour le traitement du lupus agirait à plusieurs niveaux de la réponse immunitaire.
3 - Les principaux immunosuppresseurs utilisés au cours du lupus sont le méthotrexate (Methotrexate®), l'azathioprine (Imurel®), le cyclophosphamide (Endoxan®), l'acide mycophénolique (Cellcept® ou Myfortic®).
Le méthotrexate est surtout utilisé dans les atteintes sévères des articulations, et les autres dans les atteintes sévères rénales, ou neurologiques.
4 - De « nouveaux » immunomodulateurs, appelés également biomédicaments ou biothérapies, agissent sur une cible « biologique » très précise qui intervient à un niveau clé dans les mécanismes de la maladie. Par exemple, il a été démontré dans le lupus le rôle majeur des lymphocytes B, et des biothérapies, comme le rituximab, sont capables de neutraliser leur fonction immunitaire. De nombreuses molécules dirigées contre des cellules ou des constituants de l'immunité (comme les cytokines) sont en cours d'évaluation dans le lupus.
Commentaire
Les médicaments sont les principaux artisans de la modification de l'histoire naturelle du lupus. Ils ont pour but de diminuer, ou de moduler, l'hyperactivité du système immunitaire, tout comme l'inflammation.
Toutefois, il est nécessaire de les associer à des règles de vie visant à éviter les facteurs qui peuvent activer la maladie, les traitements sont renforcés dans leur efficacité. Il faut donc éviter :
- L'exposition au soleil : le port de manches longues et d'un chapeau est recommandé, et surtout, l'utilisation des écrans solaires puissants
- Les contraceptifs oraux contenant des oestrogènes
- La prise de certains médicaments inducteurs de lupus, qui peuvent aggraver les symptômes du lupus
- Arrêter le tabac puisque le tabagisme diminue l'efficacité de l'hydroxychloroquine et augmente le risque de maladies cardiovasculaires
Par ailleurs, pour que le traitement soit pleinement efficace, l'éducation médicale est fondamentale. Les malades doivent savoir reconnaître les signes avant-coureurs témoignant d'une réactivation du lupus. Le respect des prescriptions médicales (observance) est essentiel. Le lupus étant une maladie chronique, les malades peuvent avoir tendance à interrompre plusieurs médicaments par lassitude. Cette interruption, plus ou moins prolongée, expose à un risque majeur de poussées de la maladie.
Mise en ligne le 27/07/09
