Les risques
La plupart des risques liés au syndrome des anticorps antiphospholipides ont pour origine l'obstruction des vaisseaux par des caillots de sang (la fameuse « thrombose » des médecins). En effet, la fonction de coagulation étant excessive, des caillots de sang peuvent se produire dans n'importe quelle artère ou veine de l'organisme et empêcher l'arrivée de sang oxygéné dans organe correspondant à l'artère bouchée. Une fois le caillot formé, il agit en effet comme un bouchon et empêche l'arrivée des nutriments et de l'oxygène nécessaires au bon fonctionnement des organes. À terme, cela peut aller jusqu'à entraîner la mort d'une partie ou de la totalité de l'organe. Les principaux signes d'un syndrome des anticorps antiphospholipides sont donc variés puisqu'ils dépendent directement un lieu de la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins.
Les thromboses des jambes sont la plupart du temps des thromboses veineuses qui concernent surtout les veines profondes. Au départ, il existe une phlébite, le caillot bouche la veine, et le mollet devient, dur, rouge, gonflé et douloureux au toucher et à la marche. Le risque est que les caillots formés se détachent de la paroi de la veine et partent dans la circulation veineuse jusqu'au cœur puis dans l'artère du poumon, et donc, provoquer une embolie pulmonaire. Le caillot de sang empêchant le sang de circuler, peut provoquer la mort d'une zone de tissu pulmonaire (infarctus pulmonaire) ou un décès. L'embolie pulmonaire se traduit par une douleur dans la poitrine de type « point de côté », une sensation de manque d'air, une toux et parfois des troubles du rythme cardiaque.
Le syndrome des anticorps antiphospholipides expose à des risques particuliers au moment de la grossesse où les complications et les avortements sont très fréquents. Les grossesses sont tout de même possibles, mais il existe des risques potentiels pendant l'ensemble de la grossesse et pour le bébé. Les fausses couches peuvent se produire à tous les stades de la grossesse avec une fréquence particulière pour les trois premiers mois. Le fœtus peut naître prématurément, et avoir une croissance plus lente. Des complications peuvent également survenir en fin de grossesse, au moment et après l'accouchement. Toutefois, avec des traitements anticoagulants adaptés, les grossesses sont menées à terme dans 80% des cas.
Au début, le syndrome des anticorps antiphospholipides peut se traduire par une baisse du taux de plaquettes (éléments du sang normalement responsables de la coagulation) qui peuvent être détruites par les auto-anticorps. Le risque d'hémorragie lié à la baisse du nombre de plaquettes est cependant très faible. Par ailleurs, une anémie peut survenir chez certains malades. Elle correspond à un taux insuffisant d'hémoglobine dans le sang (l'hémoglobine est la protéine contenue dans les globules rouges et qui transporte l'oxygène).
Les risques peuvent aussi se localiser au niveau du cœur avec des atteintes des valves cardiaques (clapets empêchant le reflux du sang d'une cavité du cœur vers une autre ou d'une artère vers le cœur), des reins, des yeux, du système nerveux, du système digestif (rate, foie, intestin) et de la peau.
Commentaire
Toutes les conséquences du syndrome des anticorps antiphospholipides décrites résultent de l'obstruction des vaisseaux par les caillots sanguins. Les avortements spontanés pourraient survenir à cause de thromboses du placenta, qui bouchent les vaisseaux permettant d'apporter l'oxygène et les nutriments au foetus via placenta.
Si un traitement n'est pas mis en place, les thromboses ont une tendance naturelle à la récidive, c'est-à-dire qu'elles ont tendance à réapparaître dans le même territoire vasculaire (même veine ou même artère). La fréquence de ces récidives a été estimée à environ 10 % dans les 4 ans suivant la première thrombose.
Mise en ligne le 27/07/09
