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du Lupus et
Syndrome des Antiphospholipides

Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière • Service de Médecine interne 2 • 75013 Paris • 01 42 17 80 79

Les traitements


Mycophenolate mofetil (Cellcept®)
Prednisone (Cortancyl®)
Cyclophosphamide (Endoxan®)
Azathioprine (Imurel®)
Rituximab (Mabthera®)
Mycocophenolate sodique (Myfortic®)
Chloroquine (Nivaquine®)
Méthotrexate (Novatrex®-Metoject®)
Hydroxychloroquine (Plaquenil®)
Prednisolone (Solupred®)

 


MYCOPHENOLATE MOFETIL (Cellcept®)

À quoi sert le mycophénolate mofetil ?
Le mycophénolate mofetil est un agent permettant de moduler et réduire les défenses immunitaires. Il est habituellement utilisé dans les transplantations pour assurer la réussite de la greffe (rein, cœur et foie). Son utilisation dans le lupus remonte à environ une dizaine d'années, grâce au nombreuses études cliniques qui ont permis de valider son efficacité dans les formes sévères de la maladie. Aussi il est intéressant de préciser que ce médicament peut jouer le rôle efficace d'un traitement d'épargne cortisonique chez des patients oû des doses élevées de corticoides sont souvent utilisées.

À quoi faut-il faire attention ?
Le mycophénolate mofetil est contre-indiqué pendant la grossesse et l'allaitement, en cas d'allergie au produit, ou enfin, au cours d'une infection (ce qui nécessite un arrêt momentané du mycophénolate mofetil).

La prise de mycophénolate mofetil peut provoquer des effets indésirables comme de la fatigue, des problèmes digestifs (diarrhée, douleurs du ventre, et plus rarement des lésions de la paroi du gros intestin), des anomalies du fonctionnement du foie, une diminution du nombre de cellules dans le sang, des infections et des problèmes rares, comme la survenue de tumeurs cutanées.

Il faut éviter certaines associations médicamenteuses comme avec les chélateurs de sels biliaires, l'aciclovir, le ganciclovir, l'hydroxyde d'aluminium ou de magnésium.

Certaines précautions sont à prendre pendant l'utilisation de ce médicament, notamment, il faut une contraception efficace pendant et jusqu'à 6 semaines après l'arrêt du traitement. Une augmentation progressive des doses et une association avec un anti-acide sont nécessaires, pour pallier aux éventuels problèmes digestifs. Il faut aussi surveiller la peau et venir consulter si une anomalie apparaît et persiste plus de 3 semaines. Dans le cas d'une insuffisance rénale, les doses doivent être diminuées.

Comment utilise-t-on le mycophénolate mofetil ?
Le mycophénolate mofetil se présente sous la forme de comprimés à 250 ou 500 mg, que l'on peut prendre en 2 ou 3 prises en dehors des repas. La dose exacte peut être adaptée en dosant le médicament dans le sang.

Lors d'un traitement par mycophénolate mofetil, une surveillance du foie, de la moelle osseuse et du rein est nécessaire. Elle s'effectue grâce à un examen clinique et une prise de sang (hémogramme, bilan hépatique et bilan rénal).

 

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PREDNISONE (Cortancyl®)

À quoi sert la prednisone ?
La prednisone est un anti-inflammatoire stéroïdien (cortisone ou corticoïde), et un immunomodulateur. À ce titre, la prednisone est utilisée dans toutes les maladies où il existe une inflammation importante et chronique, en particulier lors des maladies auto-immunes. Dans le lupus, elle est prescrite en cas d'atteinte articulaire sévère ou d'une atteinte des organes (rein, plèvre, péricarde...)

À quoi faut-il faire attention ?
La prednisone est contre-indiquée dans les états infectieux (y compris avec des champignons) qui ne sont pas contrôlés. Il ne faut pas l'utiliser en cas d'ulcère évolutif, de troubles psychiques, de cirrhose, d'hypertension artérielle et/ou d'affection cardiaque non contrôlée.

Certaines associations médicamenteuses sont à éviter avec la prednisone. En effet, l'association à des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) augmente le risque d'ulcère gastrique. Associée à des diurétiques, la prednisone peut favoriser une diminution anormale du taux de potassium dans le sang (hypokaliémie), elle-même pouvant entraîner des complications musculaires et cardiaques. L'association à des médicaments dits « inducteurs enzymatiques » (rifampicine, barbituriques...) doit être prudente. En cas de prise de pansements digestifs, il faut attendre au moins 2 heures avant de prendre la prednisone.

La prise de prednisone à une dose moyenne (plus de 0,1 mg/kg/jour), pendant des mois ou des années, peut induire à la longue certaines altérations des tissus qui peuvent aboutir à des fragilités osseuses, une faiblesse musculaire, un diabète, une hypertension artérielle, des troubles au niveau de la peau (acné, atrophie, bleu, d'excès de pilosité) et des yeux (cataracte, glaucome).

La prise de prednisone à dose élevée (>20 mg/j) lors des traitements d'attaque peut provoquer certains effets indésirables, comme la prise de poids due à de la rétention d'eau et de sel, une diminution du taux de potassium, ce qui conduit à prendre certaines précautions alimentaires (régime pauvre en sel et en sucres). Sur un terrain favorisant, elle peut être associée à des troubles psychiques tels que : euphorie, excitation, insomnie, confusion, cependant ceux-ci sont réversibles lors de la diminution ou l'arrêt du traitement. La rétention d'eau et de sel ainsi que le déséquilibre du métabolisme des sucres est particulièrement fréquent pendant la grossesse, où les risques de diabète et d'hypertension artérielle sont accrus. L'allaitement est aussi à éviter en cas de prise à fortes doses de prednisone (>20 mg/j). Enfin, l'alimentation doit être riche en calcium et potassium, pauvre en glucides et lipides, riche en protides pour limiter le risque d'ostéoporose. En cas de prise prolongée à dose de plus de 7,5 mg/jour, il faut donc prévoir une adjonction de calcium, de vitamine D et envisager la mise en route d'un médicament anti-ostéoporotique.

Comment utilise t-on la prednisone ?
La prednisone peut être utilisée de deux façons différentes, en traitement d'attaque lors des poussées de la maladie lupique, avec une forte dose (0,3 à 1 mg/kg/j). Cette dose est ensuite réduite progressivement, une fois que la maladie est contrôlée, jusqu'à la posologie minimale efficace pour le traitement préventif des rechutes (0,1 à 0,15 mg/kg) : il s'agit du traitement d'entretien.
La prednisone est administrée plus souvent sous la forme de comprimés, ponctuellement sous forme d'ampoule injectables en intramusculaire ou en perfusion dans le cas de traitement d'attaque de poussées aigues.
Du fait des effets indésirables et des contre-indications, une surveillance est nécessaire sous traitement par prednisone. Le dosage du taux du sucre dans le sang (glycémie), du potassium dans le sang (la kaliémie), et la densitométrie osseuse sont régulièrement controlés. Un suivie clinique avec évaluation de la tolérance, du poids, et de la pression artérielle est aussi pratiquée.

 

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CYCLOPHOSPHAMIDE (Endoxan®)

À quoi sert le cyclophosphamide ?
Le cyclophosphamide est un agent utilisé à forte dose pour traiter certains cancers où il est chargé de détruire les cellules cancéreuses. À dose plus modérée, il est utilisé dans certaines maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, lupus). Dans le lupus, il est essentiellement prescrit dans les formes sévères, notamment avec atteinte rénale ou du système nerveux central.

À quoi faut-il faire attention ?
Le cyclophosphamide est contre-indiqué pendant la grossesse et l'allaitement, mais aussi en cas de dysfonctionnement de la moelle osseuse ou du foie. L'utilisation du médicament est à éviter lors des états allergiques et infectieux, ainsi que lors des infections urinaires hémorragiques.

Certains effets indésirables peuvent apparaître après la prise de cyclophosphamide. Il s'agit notamment de problèmes digestifs, d'une perte de cheveux (rare), d'une réduction de la fertilité, d'infections, de toxicité pour la moelle et la vessie, ainsi qu'un risque de cancers et de lymphomes (pour de fortes doses cumulées).

Dans ces conditions, certaines précautions sont à prendre au cours de son emploi.
Avant tout, il faut une contraception efficace pendant et jusqu'à 3 mois après l'arrêt du traitement, en raison du risque de malformations congénitales. Pour protéger les ovaires, leur mise au repos par une contraception ou une hormonothérapie est nécessaire. Pour les hommes, la conservation du sperme devient utile en cas de traitement prolongé.
En cas de dysfonctionnement du rein ou du foie, les doses doivent être diminuées.
Il convient de réaliser une prophylaxie de la pneumocystose en prenant du Bactrim® ou du Pentacarinat®.
En cas de perfusion à forte dose, pour protéger la vessie de la toxicité de ce produit qui est éliminé par voie urinaire, une hydratation par perfusion intraveineuse, en association au Mesna®, est nécessaire. De la même façon, lors d'un traitement à dose modérée mais au long cours, il est conseillé de vider sa vessie avant le coucher pour réduire le risque de stagnation trop prolongée d'urines contenant du cyclophosphamide dans la vessie.

Il faut éviter d'associer certains médicaments avec le cyclophosphamide, notamment ceux qui accélèrent ou diminuent sa destruction. Il faut éviter également les médicaments transformés par le foie car cela peut modifier la quantité réelle de cyclophosphamide dans le corps.

Comment utilise-t-on le cyclophosphamide ?
Le cyclophosphamide peut être utilisé par voie intraveineuse (0,5 à 0,7 mg/m2), toutes les 2 à 4 semaines (<1200 mg/bolus), et aussi par voie orale (3 à 5 mg/kg). L'administration en comprimé est plus toxique que par voie intraveineuse car il est moins facile de gérer sa toxicité.

Du fait des effets indésirables et des contre-indications, une surveillance est nécessaire sous traitement par cyclophosphamide. L'hémogramme, le bilan hépatique, la créatinine et le ionogramme font partie de la surveillance du traitement au même titre que la surveillance clinique. Il est aussi nécessaire de faire un test avec bandelette urinaire pour éliminer la présence de sang dans les urines (hématurie). Dans le cas contraire, il pourrait être nécessaire de réaliser une cystoscopie. Si la neutropénie est <1000/mm3 ou les lymphocytes est <500/mm3, on doit effectuer une diminution des doses.

 

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AZATHIOPRINE (Imurel®)

À quoi sert l'azathioprine ?
L'azathioprine est un agent utilisé à forte dose pour traiter certains cancers. Du fait de ses capacités d'agent suppresseur de l'immunité à dose plus modérée, il est également utilisé pour éviter les rejets de greffes (coeur, poumons, reins...) et dans le traitement des maladies dues à un dysfonctionnement du système immunitaire comme le lupus. Il est indiqué dans les formes sévères du lupus, chez les patients intolérants ou dépendants aux stéroïdes, dont la réponse thérapeutique est insuffisante malgré un traitement utilisant de fortes doses de stéroïdes.

À quoi faut-il faire attention ?
Il est contre-indiqué d'utiliser l'azathioprine en cas d'allaitement, d'hypersensibilité au produit, d'anomalies hématologiques sévères et d'infection en cours (arrêt momentané du traitement).

Certaines précautions sont à prendre au cours de son emploi. Le dosage de l'enzyme qui métabolise le médicament, la thiopurine méthyltransférase (TPMT), est nécessaire. Ce dosage permet de détecter les sujets qui risquent une toxicité de l'azathioprine. Les doses doivent être diminuées si la leucopénie est <2500/mm3, et si la thrombopénie est <130000/mm3.
L'azathioprine est un des rares immunosuppresseurs qui peut être maintenu durant la grossesse.

Certains effets indésirables peuvent apparaître après la prise d'azathioprine. Il peut se produire une atteinte hématologique touchant les globules rouges, globules blancs et plaquettes, une atteinte des poumons d'hypersensibilité parfois sévère, des problèmes digestifs, une atteinte au niveau du foie (hépatite) et du pancréas (pancréatite). En cas d'un dysfonctionnement du rein et foie, les doses devront être adaptées.

L'azathioprine doit éviter l'association médicamenteuse avec l'allopurinol (Zyloric®) qui augmente sa toxicité.

Comment utilise-t-on l'azathioprine ?
L'azathioprine est prescrit sous la forme de comprimés à 25 et 50 mg, généralement à une dose de 2 à 3 mg/kg/j en 1 à 3 prises, au moment des repas.

Sous un traitement par azathioprine, une surveillance régulière des constantes biologiques et cliniques est nécessaire, avec une attention particulière pour la moelle osseuse, le foie et le pancréas : seront donc demandés un hémogramme et un bilan hépatique et pancréatique.
La surveillance de la peau est nécessaire et une consultation dermatologique s'impose s'il y a une apparition d'un bouton anormal et persistant plus de 3 semaines.

 

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RITUXIMAB (Mabthera®)

À quoi sert le rituximab ?
Le rituximab fait partie des médicaments appelés « biothérapies » ou « médicaments biologiques ». Cela signifie qu'il va agir de façon très spécifique et très précise contre un seul élément du système immunitaire. En l'occurrence, le rituximab va cibler très spécifiquement une sous-population de globules blancs, les lymphocytes B, et en particulier les lymphocytes B porteurs d'une protéine de membrane CD20, pour les détruire. Comme il ne touche pas les cellules souches à l'intérieur de la moelle, une régénération des lymphocytes B est possible.

Le rituximab est un médicament utilisé dans le traitement de certains cancers (les lymphomes à cellules B), et après une greffe de moelle ou d'organe, il permet d'éviter certaines formes de rejet de greffe. Il est également utilisé aujourd'hui pour traiter les formes sévères de certaines affections auto-immunes, comme la polyarthrite ou le lupus. Dans le lupus, les experts lui reconnaissent actuellement une efficacité potentielle dans les formes sévères, en particulier en cas d'atteinte hématologique, rénale ou viscérale sévère.

À quoi faut-il faire attention ?
Le rituximab est contre-indiqué en cas d'hypersensibilité au produit, d'affection cardiovasculaire évolutive (en particulier une angine de poitrine), de grossesse et d'allaitement.
Son emploi nécessite certaines précautions comme dans le cas d'une baisse pré-existante des immunoglobulines, où le traitement doit être discuté pour éviter d'aggraver cette anomalie. Il n'y a pas d'adaptation de dose en cas dysfonctionnement du rein ou du foie. Par contre, des antécédents d'hépatite justifient une surveillance du statut virologique.

Une réaction au produit est possible, surtout après la 1re perfusion. Le plus souvent, il ne s'agit pas d'une vraie "allergie". Quand elles surviennent, ces réactions (céphalées, rougeur, fièvre, baisse de tension) sont très rarement graves, et se résorbent le plus souvent avec le ralentissement de la perfusion.
Une infection peut survenir sous rituximab. Il s'agit le plus souvent d'infections des poumons, des bronches ou des voies urinaires, liées à des bactéries. Il s'agit habituellement d'infections qui pourront être traitées facilement. Il faut signaler l'existence d'infections exceptionnelles du système nerveux central, liées à un virus (virus JC), et qui sont responsables d'une dégénérescence du cerveau. Une baisse de certains globules blancs est possible, généralement tardive.

Comment utilise-t-on le rituximab ?
Ce médicament est administré uniquement à l'hôpital, par voie intraveineuse, et sous surveillance médicale, soit en 2 perfusions administrées à 2 semaines d'intervalle (1 g à J1 et J14 ou 375 mg/m2), soit en 4 perfusions administrées à 1 semaine d'intervalle (1 g à J1 et J14 ou 375 mg/ m2 à J1, J7, J14 et J21), associé à une perfusion préalable de corticoïdes (Solumédrol® 100 mg). Les autres traitements de la maladie sont maintenus, et ne doivent pas être arrêtés sans l'avis du médecin.

Avant la 1re perfusion de rituximab, il faut vérifier qu'il n'y a pas d'infections, d'hépatite, d'allergies à des médicaments ou à des aliments, et de la bonne tenue du carnet vaccinal (tétanos, poliomyélite, grippe et pneumocoque). Dans le cas contraire, il faudra faire un rappel ou une nouvelle vaccination au moins 4 semaines avant la 1re perfusion de rituximab.
Il ne faut pas être enceinte dans les 6 mois suivant le rituximab ou ne pas allaiter.

Pendant la perfusion de rituximab, les signes ressentis peuvent être des difficultés respiratoires ; un gonflement de la langue et des lèvres ; des maux de tête ; une apparition de chaleur et/ou de frissons ; des rougeurs ou la sensation d'une peau qui gratte (prurit) ; des nausées et/ou des vomissements ; des picotements du nez et/ou des éternuements ; des picotements dans la gorge ; des douleurs et/ou des battements anormalement rapides de votre coeur. Ces signes doivent être rapporté au personnel soignant qui ralentira la vitesse de perfusion. Ne survenant que chez moins de 2% des patients, une réaction sévère nécessite d'arrêter définitivement la perfusion.

Il faut faire une surveillance clinique ainsi qu'un hémogramme régulier et contrôler le taux d'immunoglobuline et de lymphocytes B circulants en cas d'un nouveau traitement par rituximab.

 

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MYCOPHENOLATE SODIQUE (Myfortic®)

À quoi sert le mycophénolate sodique ?
Le mycophénolate sodique est un agent permettant de moduler et réduire les défenses immunitaires qui est habituellement utilisé dans les transplantations pour permettre d'assurer la réussite de la greffe (rein, cœur et foie). Son utilisation dans le lupus n'est pas officielle, mais la communauté scientifique a validé son efficacité dans les formes sévères de la maladie.

À quoi faut-il faire attention ?
Le mycophénolate sodique est contre-indiqué pendant la grossesse et l'allaitement, en cas d'allergie au produit, ou enfin, au cours d'une infection (ce qui nécessite un arrêt momentané du mycophénolate sodique).

Pendant le traitement par le mycophénolate sodique, certains effets indésirables peuvent se ressentir comme des problèmes de digestions avec des douleurs du ventre, des anomalies dans le bilan du foie ou de la formule sanguine. Il peut survenir des certaines infections, ou beaucoup plus rarement des tumeurs cutanées, ou encore de la fatigue.

Il faut éviter certaines associations médicamenteuses comme avec les chélateurs de sels biliaires, l'aciclovir, le ganciclovir, l'hydroxyde d'aluminium ou de magnésium.

Certaines précautions sont à prendre pendant l'utilisation de ce médicament, notamment, il faut une contraception efficace pendant et jusqu'à 6 mois après l'arrêt du traitement. Une augmentation progressive des doses et une association avec un anti-acide sont nécessaires, pour pallier aux éventuels problèmes digestifs. Il faut aussi surveiller la peau et venir consulter si une anomalie apparaît et persiste plus de 3 semaines. Dans le cas d'une insuffisance rénale, les doses doivent être diminuées.

Comment utilise-t-on le mycophénolate sodique ?
Le mycophénolate sodique est utilisé en comprimés de 180 et 360 mg (1440 mg/j) en 2 prises en dehors des repas.

Du fait de certains effets indésirables et de contre-indications, il doit faire l'objet d'une surveillance régulière clinique et biologique (hémogramme avec un bilan hépatique et créatinine).

 

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CHLOROQUINE (Nivaquine®)

À quoi sert la chloroquine ?
La chloroquine, comme l'hydroxychloroquine, est utilisée dans le traitement préventif et curatif du paludisme. Ces médicaments appartiennent au groupe des antipaludéens de synthèse. Dans le lupus, tous les patients doivent être sous un antipaludéen de synthèse (hydroxychloroquine ou chloroquine), sauf contre-indication. La chloroquine est habituellement donnée après échec ou intolérance à l'hydroxychloroquine (Plaquenil®). Les antipaludéens de synthèse ont une efficacité particulière sur les différentes formes de lupus cutané et articulaires. Ils diminuent le risque d'atteinte viscérale, et le risque de séquelles liées à la maladie.

À quoi faut-il faire attention ?
L'utilisation de la chloroquine est contre-indiquée en cas de lésion de la rétine et d'hypersensibilité au produit. En cas de survenue d'une grossesse, le traitement peut être poursuivi car il n'est pas dangereux pour le bébé et la maman. De plus, il les protége si la maman possède des anticorps anti-SSA.
Il n'existe pas de données pertinentes évaluant la tolérance chez l'enfant allaité au cours d'un traitement par chloroquine au long cours.

La prise de chloroquine peut produire certains effets indésirables comme des lésions de la rétine (liés à des dépôts du médicament dans la rétine), des problèmes digestifs, au niveau de la peau (démangeaison, coloration, éruption cutanée), une baisse importante des globules blancs, rarement des hépatites et des troubles psychiques.

Son emploi nécessite quelques précautions car peut provoquer un psoriasis, une insuffisance hépatique et/ou rénale, une porphyrie et un déficit en G6PD.

Comment utilise t-on la chloroquine ?
En cas d'impossibilité d'utilisation de l'hydroxychloroquine, la chloroquine est administrée sous forme de comprimés de 100 mg avec comme dose maximale de 3,5 à 4,5 mg/kg/j de poids idéal, en une à deux prises après le repas.

Du fait des effets secondaires et des contre-indications, un suivi clinique, avec un bilan de la moelle osseuse et du foie réguliers doit être réalisé durant les 6 premiers mois. Un examen détaillé des yeux, avec parfois un examen complémentaire, est demandé en fonction de l'avis de l'ophtalmologue dans les 3 premiers mois de traitement, puis 1 fois par an avec un test du champ visuel et de la vision des couleurs.

 

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METHOTREXATE (Novatrex®-Metoject®)

À quoi sert le méthotrexate ?
Le méthotrexate est un médicament de la classe des antimétabolites, utilisé à forte dose dans le traitement de certains cancers et, à plus faible, dans les maladies auto-immunes. Il inhibe une enzyme capitale dans le métabolisme de la vitamine B9 (l'acide folique).

Son utilisation dans le lupus n'est pas officiellement validée, mais la communauté scientifique a validé son efficacité dans les formes sévères de la maladie, en particulier avec l'objectif de limiter l'emploi de la cortisone.

À quoi faut-il faire attention ?
Le méthotrexate est contre-indiqué en cas de grossesse et d'allaitement, d'une hypersensibilité au traitement, de sérieux dysfonctionnements du foie et du rein, d'un déficit important de globules rouges et blancs dans le sang, et d'infections (le traitement pourra être arrêté momentanément)

Son emploi nécessite certaines précautions notamment il faut une contraception efficace pendant et jusqu'à 3 mois après l'arrêt du traitement.

L'association de certains médicaments avec le méthotrexate justifie une prudence particulière, en particulier avec les anti-inflammatoires non-stéroïdiens, les antifungiques, les antivitamines K, le Bactrim® et les médicaments qui préviennent les crises d'épilepsie (les anticonvulsivants).

La prise de méthotrexate peut provoquer quelques effets indésirables comme une diminution des globules blancs, des problèmes digestifs (nausées, douleurs, vomissements, aphtes), des atteintes des poumons et du foie, des infections et une perte de cheveux.
Toutefois la prise en même temps de vitamine B9 (acide folique ou acide follinique) permet de réduire notablement la fréquence des effets indésirables mineurs.

Comment utilise t-on le méthotrexate ?
En général la quantité de méthotrexate donnée varie de l'ordre de 7,5 à 25 mg/semaine en fonction des maladies, avec une dose maximale habituelle à 0,3 mg/kg. Le méthotrexate est administré sous forme de comprimés de 2,5 mg par voie orale, la prise est souvent hebdomadaire et les doses varient selon le degré d'activité du lupus allant de 5 mg à plus de 20 mg par semaine. Il peut aussi être administré en intramusculaire (ampoules de 2,5 mg ou de 10 mg), en sous-cutanée (Métoject®), ou encore par voie intraveineuse.

Du fait des effets secondaires possibles et des contre-indications, une surveillance clinique (recherche d'infection, auscultation pulmonaire) et biologique (hémogramme, créatinine, transaminases, phosphatases alcalines, gamma GT) doit être effectuée. Si les transaminases s'élèvent très au-dessus de la normale ou si on constate une baisse des neutrophiles (<1000/mm3) ou des lymphocytes (<500/mm3), la dose de méthotrexate devra être réduite.

 

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HYDROXYCHLOROQUINE (Plaquenil®)

À quoi sert l'hydroxychloroquine ?
L'hydroxychloroquine, comme la chloroquine, est utilisée dans le traitement préventif et curatif du paludisme. Ces médicaments appartiennent au groupe des antipaludéens de synthèse. Tous les patients ayant un lupus doivent être mis de principe sous hydroxychloroquine, sauf en cas de contre-indication. L'hydroxychloroquine est efficace sur les formes de lupus cutané et articulaire, et diminue le risque d'atteinte viscérale (atteinte rénale notamment), et le risque de séquelles liées à la maladie.

À quoi faut-il faire attention ?
L'hydroxychloroquine est contre-indiqué dans les cas de lésion de la rétine et d'hypersensibilité au produit. Son emploi nécessite certaines précautions notamment dans les psoriasis, les dysfonctionnements du foie et du rein, en cas de déficit en G6PD. En cas de grossesse, le traitement peut être poursuivi, malgré ce qui est indiqué sur la notice du médicament qui n'a pas été modifiée depuis la sortie du produit. Depuis il a été démontré que le risque de poussée de la maladie était moindre chez les femmes qui maintenaient le traitement, qu'il n'est pas dangereux pour le bébé, et les protège même des anticorps anti-SSA, s'il existe chez la maman. Il peut être aussi maintenu pendant l'allaitement.

La prise d'hydroxychloroquine, généralement mieux tolérée que la chloroquine) peut produire certains effets indésirables comme des lésions de la rétine, des problèmes digestifs, des troubles de la peau (démangeaison, coloration, éruption cutanée), une baisse importante des globules blancs, rarement des hépatites et des troubles psychiques.

Comment utilise-t-on l'hydroxychloroquine ?
L'hydroxychloroquine est administrée sous forme de comprimés de 200 mg, avec comme dose maximale 6,5 mg/kg/j de poids idéal, en une à deux prises après le repas.

Du fait des effets secondaires et des contre-indications, un suivi clinique avec un bilan de la moelle osseuse et du foie réguliers doit être réalisé régulièrement durant les 6 premiers mois. Un examen des yeux, avec parfois un examen complémentaire, est demandé en fonction de l'avis de l'ophtalmologue, dans les 3 premiers mois de traitement, puis 1 fois par an avec un test du champ visuel et de la vision des couleurs.

 

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PREDNISOLONE (Solupred®)

À quoi sert la prednisolone ?
La prednisolone est un anti-inflammatoire stéroïdien (cortisone ou corticoïde), et un immunomodulateur. À ce titre, la prednisone est utilisée dans toutes les maladies où il existe une inflammation importante et chronique, en particulier lors des maladies auto-immunes. Dans le lupus, elle est prescrite en cas d'atteinte articulaire sévère ou d'une atteinte des organes (rein, plèvre, péricarde...)

À quoi faut-il faire attention ?
La prednisolone est contre-indiquée dans les états infectieux (y compris avec des champignons) qui ne sont pas contrôlés. Il ne faut pas l'utiliser en cas d'ulcère évolutif, de troubles psychiques, de cirrhose, d'hypertension artérielle et/ou d'affection cardiaque non contrôlée.

Certaines associations médicamenteuses sont à éviter avec la prednisolone. En effet, l'association à des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) augmente le risque d'ulcère gastrique. Associée à des diurétiques, la prednisolone peut favoriser une diminution anormale du taux de potassium dans le sang (hypokaliémie), elle-même pouvant entraîner des complications musculaires et cardiaques. L'association à des médicaments dits « inducteurs enzymatiques » (rifampicine, barbituriques...) doit être prudente. En cas de prise de pansements digestifs, il faut attendre au moins 2 heures avant de prendre la prednisolone.

La prise de prednisolone à une dose moyenne (plus de 0,1 mg/kg/jour), pendant des mois ou des années, peut induire à la longue certaines altérations des tissus qui peuvent aboutir à des fragilités osseuses, une faiblesse musculaire, un diabète, une hypertension artérielle, des troubles au niveau de la peau (acné, atrophie, bleu, d'excès de pilosité) et des yeux (cataracte, glaucome).

La prise de prednisolone à dose élevée (>20 mg/j) lors des traitements d'attaque peut provoquer certains effets indésirables, comme la prise de poids due à de la rétention d'eau et de sel, une diminution du taux de potassium, ce qui conduit à prendre certaines précautions alimentaires (régime pauvre en sel et en sucres). Sur un terrain favorisant, elle peut être associée à des troubles psychiques (euphorie, excitation, insomnie, confusion). La rétention d'eau et de sel ainsi que le déséquilibre du métabolisme des sucres est particulièrement fréquent pendant la grossesse, où les risques de diabète et d'hypertension artérielle sont accrus. L'allaitement est aussi à éviter en cas de prise à fortes doses de prednisolone (>20 mg/j). Enfin, l'alimentation doit être riche en calcium et potassium, pauvre en glucides et lipides, riche en protides pour limiter le risque d'ostéoporose. En cas de prise prolongée à dose de plus de 7,5 mg/jour, il faut donc prévoir une adjonction de calcium, de vitamine D et envisager la mise en route d'un médicament anti-ostéoporotique.

Comment utilise t-on la prednisone ?
La prednisolone peut être utilisée de deux façons différentes, en traitement d'attaque lors des poussées de la maladie lupique, avec une forte dose (0,3 à 1 mg/kg/j). Cette dose est ensuite réduite progressivement, une fois que la maladie est contrôlée, jusqu'à la posologie minimale efficace pour le traitement préventif des rechutes (0,1 à 0,15 mg/kg) : il s'agit du traitement d'entretien.
La prednisolone est administrée sous la forme de comprimés (5, 20 mg) ou en solution buvable (1 mg/ml), par voie orale (1 prise par 24 heures).
Du fait des effets indésirables et des contre-indications, une surveillance est nécessaire sous traitement par prednisolone. La glycémie, la kaliémie, et la densitométrie osseuse sont suivies et une surveillance clinique avec évaluation de la tolérance, du poids, et de la pression artérielle est pratiquée.

 

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Mise en ligne le 27/07/09